Film - De storm PDF Imprimer Envoyer
Écrit par mimilu   
Mardi, 06 Octobre 2009 07:23

Ben Sombogaart, réalisateur néerlandais dont les deux derniers films Bride Flight et Kruistocht in Spijkerbroek ont reçu des prix, a décidé de rempiler pour une fiction basée sur l´un des évènements marquant l´histoire des Pays Bas. Son film De Storm, a pour cadre la catastrophe de l´inondation de 1953, qui est l´un des 50 sujets essentiels de l´histoire néerlandaise enseignée dans le secondaire avec 1830 disparus aux Pays-Bas 1830 ainsi qu’un certain nombre en Belgique et Angleterre.

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L´histoire racontée par le film débute le samedi 31 janvier 1953, dans un village conservateur de Zélande où vit Julia, jeune mère célibataire subissant l´opprobre des villageois et le silence blessé de son père. La tempête sévissant depuis la veille se renforce au cours de la soirée et dans la nuit. Les digues mises à rude épreuve sont pour les plus fragiles submergées ou brisées. Sans protection, les terres, fermes, routes et villages se retrouvent balayés par des vagues qui emportent tout sur leur passage, brisent les bâtiments et saisissent les habitants dans leurs efforts pour se protéger ou souvent dans leur sommeil.
Sylvia Hoeks, récompensée d’un Veau d’Or en 2007 pour son rôle dans Duska , joue ici Julia, l´héroïne du film. Elle fait preuve d´une sincérité époustouflante dans le rôle de cette jeune femme qui assume sa vie et les épreuves qui l´assaillent avec une détermination inébranlable. Elle donne corps à l´esprit et l´attitude avant-gardiste de cette fille de fermier qui défend son statut de fille mère sans honte ni remords, et lutte comme un homme à une époque et dans un village ou certaines femmes portent encore robe longue et coiffe traditionnelle.You need to a flashplayer enabled browser to view this YouTube video
Barry Astma, connu pour son rôle dans Rozengeur en Wodka Lime, est un peu le Sex & the city néerlandais. Il interprète Aldo, le premier rôle masculin, un jeune militaire de la marine ayant quitté le village et ses habitants qui lui donnaient le sentiment d´étouffer. Ne supportant pas le poids exercé par le fort contrôle social et surtout la promptitude à juger et exclure ceux qui sortent du rang comme Julie, il la défend et soutient dans sa quête éperdue.
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Les autres personnages contribuent à donner de la force au film. Il y a le père de Julia, déchiré entre l´amour qu´il porte à sa fille et son refus du péché ; le patron de l´hôtel, crispé sur les dépenses occasionnées par l´accueil des villageois ; les femmes du village méprisant, condamnant et excluant sans vergogne Julie pour son attitude scandaleuse(elle a un bébé hors mariage et l´assume) ; le géniteur de ce bébé, plus lâche tu meurs ; etc…

Les habitants du village initialement choisi pour tourner le film, et dans lequel la tempête de 1953 avait fait de nombreuses victimes, se sont opposés au projet car cela leur serait trop douloureux. Le film a été essentiellement tourné en Belgique ou un polder a été spécialement inondé. Les scènes y ont été filmées en hiver, et les acteurs ont ainsi pu claquer des dents pour de vrai ! Mais le pire a été épargné aux acteurs puisque des effets spéciaux sont à l’origine des impressionnantes minutes où la mer est déchainée et où l’eau submerge tout.
Certains critiques regrettent que le film tourne autour de la quête poursuivie par le personnage principal. Mais c´est peut-être ce qui donne toute sa force de conviction au film : l´héroïne nous ressemble par modernité et sa douleur se focalise sur du concret (la recherche de son bébé) ce qui donne aux évènements décrits une dimension humaine, permet au spectateur de se sentir concerné.
Et c´est la qu´est la puissance de ce film. Il nous rappelle que c´est arrivé et nous invite à ne pas nous sentir à l´abri, ou du moins a prendre conscience que les protections existantes ne sont pas forcément à l´épreuve de toutes les tempêtes. Il nous ramène à notre fragilité face au déchainement des forces de la nature, au rapport étroit entre les Pays-Bas et l´eau. Comme dit le vieux dicton néerlandais Water geeft en water neemt  (l’eau donne et l’eau prends).
Les spectateurs sont au rendez-vous : une fois de plus, Ben Sombogaart rencontre le succès puisque dès sa sortie de Storm est resté 3 week-ends d’affilée en tête du top 20.
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