2de Kamerverkiezing : La chute de Balkenende IV PDF Imprimer Envoyer
Écrit par mimilu   
Lundi, 17 Mai 2010 11:38

Le 9 juin prochain, les néerlandais éliront leurs représentants parlementaires et, par leur vote, se doteront d’une nouvelle coalition gouvernementale qui remplacera celle tombée il y a un peu plus de deux mois.

 

 

En février dernier, le Cabinet s’est en effet retrouvé face à un désaccord interne profond[i] au sujet de la question de la prolongation de la mission de l’armée néerlandaise dans la région Afghane de l’Uruzgan. Cette mission se déroule sous l’égide de l’OTAN  et avait démarré en 2006 pour une durée de 2 ans. Elle avait déjà été reconduite jusqu’à la fin 2010 et il avait alors été décidé du retrait des troupes à l’échéance de ce terme. Le CDA, parti ayant la majorité relative au sein du parlement et du gouvernement, est revenu sur cette décision et a affirmé vouloir garder ouvertes les différentes options possibles, parmi lesquelles une mission d’entrainement en remplacement de l’actuelle mission militaire. Mais le PvdA, plus gros parti après le CDA et membre de la coalition gouvernementale, a refusé de revenir sur l’accord et s’est opposé fermement à toute renégociation. Une demande officielle de l’OTAN a alors été dévoilée pour justifier la prolongation de la présence militaire néerlandaise en Uruzgan, mais le PvdA a jugé qu’il n’y avait aucun argument solide apporté pour soutenir une telle décision.  Après de longues discussions entre les trois chefs de la coalition gouvernementale (Balkenende pour le CDA, Bos pour le PvdA et Rouvoet pour le CU), et face à l’impossibilité de trouver un compromis, le PvdA a décidé de se retirer du gouvernement et par conséquent d’en provoquer la chute. Le Ministre Président J.P. Balkenende a dans la foulée présenté la démission du gouvernement à la Reine, laquelle l’a accepté et annoncé convoquer de nouvelles élections dans un délai de trois mois.

 

C’est le quatrième gouvernement dirigé par J.P. Balkenende depuis 2002. Et le quatrième qui tombe avant son terme. Le premier et le plus court (un peu moins de trois mois) était une coalition de droite entre le CDA (Droite), le VVD (Droite Libérale) et le LPF (liste de Pim Fortuin, Droite extrême) et qui est tombée du fait de désaccords au sein même du LPF. Le second gouvernement Balkenende rassemblait le CDA, le VVD et D66 (Centre Démocrate) et s’est écroulé après trois ans d’exercices suite à l’affaire du passeport de Hirsi Ali qui a suscité la perte de confiance de D66 à l’égard du VVD et le retrait de D66 de la coalition gouvernementale. Un troisième gouvernement Balkenende, une coalition dite minoritaire,  a été formé en attendant les nouvelles élections de novembre 2006 et surtout la formation d’une nouvelle coalition qui n’a eu lieu qu’en février 2007. Le cabinet Balkenende IV, alors formé du CDA, du PvdA et du CU aura donc tenu trois ans.

 

En attendant les élections du 9 juin prochain et la formation du prochain gouvernement, c’est toujours J.P. Balkenende qui dirige le pays. Sans le PvdA, donc sans majorité. En tant que chef d’un cabinet démissionnaire, son pouvoir est limité aux affaires urgentes et politiquement non sujettes à controverses ; ce que les parlementaires n’ont pas manqué de lui rappeler lorsqu’il a voulu s’éloigner de cette règle.

 

Droit dans ses bottes, J.P. Balkenende a décidé de se représenter en tête de liste du CDA. Si ce parti remporte les élections, les Pays-Bas se doteront donc d’un cabinet Balkenende V. A aucun moment l’actuel Ministre Président ne remet en question les choix qu’il a pu faire au cours de ses années passées à la tête du pays. Sûr de lui, il se pose en responsable politique capable de sortir le pays et sa population de la crise. Il s’aligne sur les partis de droite en prônant plus de restrictions budgétaires tout en refusant une plus grande solidarité par l’impôt. Sur ce point sensible, et récurrent sujet de débat, les partis du centre et de gauche veulent rendre dégressif l’avantage fiscal des propriétaires en fonction de leurs revenus : une partie des intérêts de l’emprunt immobilier contracté pour une résidence principale est actuellement déductible d’impôt de manière égalitaire quelque soit le niveau de revenu .

 

Si les débats actuels tournent principalement autour de la façon de traiter l’économie dans les différents programmes, ils touchent aussi au processus de formation du prochain cabinet : les parlementaires ont récemment demandé à  pouvoir désigner le futur formateur de gouvernement (personne qui va conduire les négociations entre les différents partis pouvant former une coalition), ou au moins à pouvoir discuter avec lui de la formation du gouvernement. Les parlementaires souhaitent également un accord de gouvernement plus généraliste afin de limiter la durée des négociations et les risques de cassures au sein de la future coalition.


[i] Plus d’infos sur les différentes crises gouvernementales

 

 

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