Tempête aux Pays-Bas : état d'alerte PDF Imprimer Envoyer
Écrit par mimilu   
Jeudi, 05 Janvier 2012 17:54


Après une année 2011 particulièrement chaude et ensoleillée, 2012 démarre sur les chapeaux de roue avec sa première tempête de l’année. Les différents médias diffusent les bulletins d’alarme des services météorologiques, le Rijkswaterstaat commence à parler de fermer le barrage mobile Maeslantkering près de Rotterdam et les habitants du polder Tolbertpetten dans la région de Groningen ont été évacués à cause d’une digue sur le point de se rompre.


Cette situation est le résultat de plusieurs phénomènes : des sols gorgés d’eau, des vents forts, de fortes marées. Le mois de décembre a été marqué par de fortes précipitations : 152 millimètres en un mois (près du double de ce qui est attendu normalement). Les sols sont donc gorgés d’eau, les fossés pleins à ras bord, le niveau des canaux se rapproche des routes. Le vent venant de l’ouest empêche l’eau de s’évacuer par la mer. Pire, les vents venus d’abord du Sud-Ouest ont fait remonter l’eau dans la Mer du Nord par la Manche, puis des vents venus du Nord-Ouest ont fait remonter l’eau dans la Mer du Nord depuis le Nord. Les deux afflux d’eau s’accumulent sur la côte Néerlandaise qui se trouve à la sortie de la Manche dans une sorte de fond de cuvette de la Mer du Nord balayée quasi continuellement de vents forts depuis plusieurs jours. Impossible donc aux eaux de précipitations de s’écouler dans la mer. Comme si cela ne suffisait pas, C’est actuellement une période de grandes marées : la pleine lune est dans quelques jours, et les coefficients de marée s’élèvent à l’approche de la pleine lune pour atteindre leur paroxysme 2 jours après la pleine lune. Ainsi, les coefficients de marée devraient être de 153 à Rotterdam et de 160 à Delfzijl mardi 10 janvier (120 est considéré en France comme un coefficient de marée élevé). À Rotterdam, le niveau des eaux est sous surveillance constante : il se rapprochait cette nuit des 3 mètres au-dessus du NAP, niveau qui nécessite la fermeture du barrage mobile pour protéger le delta de la Meuse et du Rhin et éviter que ne se répète la catastrophe de 1953.

La municipalité de Dordrecht a prévenu que les quais du centre-ville peuvent se retrouver sous l’eau et met d’ailleurs des sacs de sable à disposition. Les quais de plusieurs communes (Maassluis, Vlaardingen en Schiedam) ont été fermés par précaution. Du côté de Delfzijl (sur la côte nord), les vagues franchissent certaines digues, certaines d’entre elles menacent de céder sous la pression. Certains coins ont été interdits aux personnes n’ayant rien à y faire, les 85 habitants et plusieurs centaines d’animaux de la commune de Marum ont été évacués ce matin. Certains ont décidé de traire leurs vaches une dernière fois, d’autres ont dû abandonner leur bétail. Des sites d’exploitation de gaz ont été fermés, l’électricité a été coupée dans certaines zones. 

Des réserves naturelles ont été volontairement inondées pour faire redescendre le niveau d’eau de 26 cm et ainsi éviter que certains quartiers de Groningen, Hoogezand et Winschoten ne soient inondés. L’inondation de deux autres polders est en cours de préparation. Des digues ont été percées en début d’après-midi ce jeudi pour diminuer la pression, des militaires ont été mobilisés et envoyés dans les endroits les plus vulnérables pour intervenir au cas où les digues cèderaient. Une digue a déjà cédé à Kampen, alors que des équipes installaient une digue gonflable. Des pompes d’urgences sont acheminées vers les zones menacées et les moulins tournent à plein régime dans tout le pays pour tenter d’évacuer l’eau.

Quant aux transports, Schiphol a annulé 40 à 50 vols et les avions décollent avec en moyenne une heure de retard. La circulation des trains Fyra a été annulée entre Amsterdam et Breda jusqu’en fin d’après-midi et certains tronçons d’autoroute ont été fermés, tandis que plusieurs routes provinciales sont fermées. Les liaisons marines entre la terre ferme et les îles ont été réduites au transport de piétons, voire complètement fermées.


Si les conditions météorologiques semblent être réunies pour être très inquiétantes, ce n’est pas non plus la première fois que cela arrive. Les gardiens des digues surveillent en continu le niveau des eaux et l’état des digues, le Rijkswaterstaat, les Waterschappen et les municipalités situées près des côtes sont sur le pied de guerre pour décider des barrages à fermer, des digues à renforcer, des polders à submerger et des éventuelles évacuations. Un moment critique est encore attendu au cours de la nuit de jeudi à vendredi, mais déjà les discours se font plus rassurants que la nuit passée.

Bref, la réactivité des néerlandais est impressionnante d’efficacité et de précaution lourdement réfléchie. Pour suivre les évènements en direct, le site de NOS fournit ce lien et pour se donner une idée en images, il y a cette vidéo.


 

 

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