Vermeer, le contemplateur de l’évidence PDF Imprimer Envoyer
Écrit par juls   
Dimanche, 21 Juin 2009 15:51

Johannes ou Jan Vermeer est un peintre baroque néerlandais parmi les plus célèbres du siècle d’or (XVIIème siècle). La Jeune Fille à la perle, surnommée la « Joconde du Nord » et la Laitière figurent parmi les tableaux les plus connus au monde. Il est, selon Paul Claudel, “...le peintre le plus clair, le plus transparent qui soit au monde, et que l'on pourrait appeler le contemplateur de l'évidence...” .

 

 

Sa vie et une grande partie de son œuvre restent mystérieuses. Sa carrière fut assez courte. Il n’a peint qu’une quarantaine de tableaux en vingt ans dont quelques-uns ont disparu : aujourd’hui, seuls trente-cinq lui sont attribués avec certitude.

Peu connu de son vivant hors de sa ville de Delft, il est redécouvert en 1866 lorsque le critique d’art Théophile Thoré-Burger lui consacre une série d'articles dans La Gazette des Beaux-Arts. Dès lors, la réputation de Vermeer s’est amplifiée, et il a trouvé sa place, aux côtés de Rembrandt, au panthéon des grands maîtres de la peinture.


La date de naissance exacte de Vermeer n’est pas connue, on sait seulement qu’il fut baptisé le 31 octobre 1632 dans la Nieuwe Kerk à Delft. Son père, Reynier Van der Meer (Vermeer en est l’abréviation) était tisserand, mais aussi aubergiste et marchand d’art. Ses activités lui permettaient d’entretenir de bonnes relations avec des peintres de Delft reconnus, comme Cornelis Saftleven et Egbert Van der Poel.

À sa mort, Vermeer lui succède comme marchand de tableaux. Il épouse le 5 avril 1653 Catharina Bolnes, une catholique aisée, à Schipluiden, un village proche de Delft. Lui qui avait reçu une éducation protestante calviniste semble s'être converti à la religion de sa femme. Sa belle-mère, Maria Thins, issue d’une riche famille de marchands de briques de Gouda, a certainement influencé cette décision. Les catholiques constituaient alors une minorité marginalisée dans les Provinces-Unies, ils étaient seulement tolérés depuis la guerre de Quatre-Vingts Ans. Le couple aurait eu onze enfants, dont quatre seraient morts en bas âge.

Le 29 décembre 1653, Johannes Vermeer entre dans la guilde de Saint-Luc de Delft, apparemment sans s’être acquitté des droits d’admission en usage, sans doute parce que sa situation financière ne le lui permettait pas. Il aurait trouvé un mécène en la personne de Pieter Claesz Van Ruijven, un riche percepteur de Delft grand collectionneur de peintures. Vermeer présidera la guilde à quatre reprises, en 1662, 1663, 1670 et 1671, ce qui démontre la reconnaissance de son talent par ses pairs.


S’il exerçait comme son père l’activité de marchand de tableaux, Vermeer se considérait avant tout comme peintre. Il travaillait lentement et avec méticulosité et réalisait environ trois tableaux par an. Il aurait exécuté la plupart de ses toiles pour des particuliers et non pour le public du marché de l’art.

Ses œuvres se distinguent par une combinaison de couleurs inimitables (des couleurs claires, des pigments quelquefois coûteux, avec une prédilection pour l'outremer naturel et le jaune ), la maîtrise de l’emploi de la lumière et l’art de la perspective. Vermeer est par ailleurs réputé pour sa capacité à dessiner des portraits et des personnages et représentait principalement des scènes de la vie domestique. Toutes ses œuvres sont des huiles sur toile, à l’exception de la Fille au chapeau rouge et la Jeune Fille à la flûte, qui sont peintes sur panneau.


En 1672, les Provinces-Unies sont frappées par une grave crise économique. C’est non seulement le début de l’invasion par l’armée française de Louis XIV, mais aussi celui de la Troisième Guerre anglo-néerlandaise. Les affaires de Vermeer, comme peintre mais aussi comme vendeur de tableaux, sont durement touchées par la chute du marché de l’art.

Afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, Vermeer est contraint d’emprunter à nouveau de l’argent. Les choses s’agravent encore l’année suivante avec la mort de Van Ruijven, son principal mécène. Cette succession de désastres aurait entraîné la mort du peintre. Sa femme le racontera plus tard : « Pour cette raison et à cause des grandes dépenses occasionnées par les enfants et pour lesquelles il ne disposait plus de moyens personnels, il fut si affligé et s’affaiblit tellement qu’il en perdit la santé et mourut en l’espace d’un jour et demi ».

À Delft, Vermeer était un artiste respecté, mais il était resté presque inconnu à l’extérieur. Le fait que Van Ruijven ait vraisemblablement acquis la plus grande partie de ses tableaux est sans doute l’une des raisons pour lesquelles sa réputation n’a pas été propagée davantage. La collection de ce dernier fut léguée à sa fille et son beau-fils, Jacob Dissius. A sa mort, en 1695, Dissius possédait vingt et un tableaux de Vermeer, qui furent vendus aux enchères à Amsterdam, et l'œuvre fut dispersée. C’est au critique d’art français Thoré-Bürger (pseudonyme d’Étienne-Joseph Théophile Thoré) que Vermeer dut la résurrection de sa notoriété.


De nos jours, les références à Vermeer sont nombreuses, que ce soit dans la littérature, le cinéma, la musique ou encore les images de marque. Qui n’a jamais vu La Laitière, représentée sur certains pots de yaourts? Le tableau La jeune fille à la perle est aussi le point de départ du roman du même nom écrit en 1998 par Tracy Chevalier. Ce récit fictif mais néanmoins basé sur des faits connus de la vie de Vermeer est adapté au cinéma en 2003 par Peter Webber, avec Colin Firth dans le rôle de Vermeer et Scarlett Johansson incarnant parfaitement l’énigmatique jeune fille représentée sur le tableau.

L’œuvre est aujourd’hui dispersée à travers sept pays : les Pays-Bas (notamment au Rijksmuseum), le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Autriche, l’Irlande et les États-Unis. Il est frappant de constater que plus aucun Vermeer ne se trouve à Delft. La ville lui consacre cependant un centre situé au sein du bâtiment qui abritait la guilde de Saint Luc. Le Vermeer Centrum permet au visiteur de découvrir la vie et l’oeuvre du peintre, ainsi que ses techniques de prédilection.


Vermeer Centre Delft, Voldersgracht 21, Delft
+ 31 (0)15 - 213 85 88
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www.vermeerdelft.nl

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