| La première multinationale des Pays-Bas: la Compagnie néerlandaise des Indes orientales |
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| Écrit par Gnew |
| Lundi, 14 Septembre 2009 06:15 |
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Au début du XVIème siècle, les Pays-Bas, dirigés par une élite bourgeoise et commerçante, sont en guerre contre l'Espagne. Les néerlandais, désireux de ne pas se laisser distancer par les autres Etats européens (surtout le Portugal) alors occupés aux grandes découvertes après celle de l’Amérique, lancent alors leurs premières flottes à destination de l’Asie. La VOC naît d’une fusion, un peu forcée, de plus petites compagnies des Provinces unies qui se concurrençaient. Sont représentés six chambres regroupant une ville et ses environs : Zélande (Middelbourg), Rotterdam, Delft, Hoorn, Enkhuizen et la plus importante d’entre elles Amsterdam. Elles se répartissent 17 représentants dans le groupe des Heren XVII (« dix-sept Messieurs ») qui va alors gérer les affaires pendant deux siècles. Dès sa création le 20 mars 1602, la VOC dispose de moyens importants en devenant une société anonyme émettant des obligations. Moderne dans sa conception, elle a longtemps vu s’affronter actionnaires gourmands contre dirigeants désireux de maintenir aux mieux leurs émoluments. La Compagnie dispose de deux « sièges sociaux » : Amsterdam et Batavia (l’actuelle Jakarta). Véritable Etat dans l’Etat, elle peut user de pouvoirs régaliens pour se développer. En effet, au début de son activité, les flottes de conception militaire lancées par la VOC sont équipées pour prendre des possessions territoriales et si possibles couler le maximum de bateaux des puissances européennes concurrentes. La VOC dispose de sa propre diplomatie, d’une justice et d’une armée et peut décider de déclarer une guerre et de faire la paix. Les possessions arrachées n’appartiennent ainsi pas à l’Etat mais à des intérêts privés (les marchands de la VOC).
Les voyages éprouvent inévitablement le matériel même si des réparations sont effectuées à chaque retour de l’Insulinde. En près de deux siècles, les chantiers navals des 6 chambres vont mettre à l’eau plusieurs milliers de bateaux (1400 à 5000), surtout à Amsterdam et en Zélande. Une idée du gigantisme se traduit par l'image de 25 000 personnes travaillent en même temps pour la VOC : officiers au long cours, marins, mais aussi des soldats (jusqu’à 30%), des marchands, des bouchers, des tonneliers, des civils.
Cette véritable armée militaro-commerciale, la VOC, soutenue par l’Etat, se lance dans une vaste entreprise d’expansion territoriale. Les pouvoirs régaliens sur lesquels elle s’appuie lui permettent de doter les Provinces-Unies d’un vaste empire colonial qui perdurera bien au-delà de la Compagnie elle-même puisque l’Indonésie par exemple ne devint indépendante qu’en 1949.
Lorsque l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre et la France ont choisi de se lancer à la conquête du Nouveau Monde, les Néerlandais, avec la volonté de commercer, sont allés s’enquérir des possibilités des océans indiens et pacifiques. Pour cela, ils ont pu compter sur des personnages considérés sinon comme des héros, du moins comme des grands hommes. Ainsi pour Jan Piterszon Coen, irrascible gouverneur hollandais qui rasa Jayakarta (la deuxièe capitale de la VOC qui devint ensuite Batavia puis Jakarta), anéantit et dispersa une partie de la population des îles Banda, trahit et massacra ses alliés anglais. D'ailleurs cela ne du pas manquer d'attirer la sympathie des Français sur ce dernier point. Les vaisseaux des Provinces-Unies se retrouvaient de Ceylan (Sri Lanka) à Formose (Taïwan) en passant par le Japon et bien sûr en Insulinde (l’Indonésie).
A la « faveur » du naufrage du Haarlem en 1647, la colonie d’Afrique du Sud fut créée. Cette escale forcée fit prendre conscience de l’intérêt d’une étape durant le long trajet entre l’Europe et l’Asie. Ainsi Jan van Riebeeck fonda le Cap le 7 avril 1652, qui devint progressivement une colonie de peuplement. De nos jours, de tels hommes seraient certainement en correspondance régulière avec le Tribunal pénal international de La Haye.
La VOC a davantage été conçue comme un outil d’enrichissement des marchands que comme un appareil au service de l’Etat ou de la religion (ce qui n’a pas empêché des atrocités). Elle fut dissoute de façon peu glorieuse, plombée par la corruption et d’autres affaires en 1795. L’héritage qu’elle a laissé aux Provinces-Unies est toutefois encore visible et les richesses rapportées des Indes meublent encore parfois les vieilles demeures. La V.O.C a également eu une petite sœur, la Compagnie des Indes occidentales (Geoctroyeerde Westindische Compagnie, GWC, de 1621 à 1791), bâtie sur le même concept mais qui n’atteindra pas la taille de la VOC et se livra au coupable commerce triangulaire entre l’Afrique (Ghana, Angola), l’Amérique (le Brésil néerlandais) et l’Europe.
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En se promenant dans les centres anciens des villes des Pays-Bas, il est courant de remarquer sur les frontons des dates des XVI ème et XVIIème siècles. Ces bâtiments témoignent de l’âge d’or de la puissance commerciale des anciennes Provinces-Unies, avec comme outil majeur la Verenigde Oost-Indische Compagnie –
Sous l’œil vigilant des Heren XVII
Ces possessions territoriales ont eu pour effet de permettre à la VOC de commercer au sein de l’Asie et de l’Océan indien de port en port. Les navires partaient des Pays-Bas les cales vides, puis achetaient des produits à une étape pour les revendre un peu plus loin et ainsi de suite, rapportant en Europe d’importantes cargaisons (épices, porcelaine, vêtements, etc.). La Compagnie a disposé en outre de deux monopoles (celui de l’accès au Japon et celui des épices fines) qui lui ont permis de s’assurer pendant longtemps de confortables revenus. 